À la fois politiques et poétiques, les images de Raphaël Dallaporta interpellent le regard. Attaché « à la temporalité de l’après », plus qu’à « l’instant décisif », le photographe saisit à travers son objectif, de manière froide et neutre, des objets ou des lieux relevant d’une histoire tragique. À l’opposé des images documentaires classiques, qui dénoncent par une présentation frontale une réalité insoutenable, ses photographies alertent en évitant tout sensationnalisme.
Antipersonnel, série exposée aux Rencontres d’Arles en 2004, présente ainsi des mines antipersonnel photographiées en gros plan, sur fond noir, et accompagnées d’une notice technique (fabrication, pays d’origine, fonctionnement). En 2006, à l’occasion du même festival, il présente Domestic Slavery, images froides et distantes de façades d’immeubles, adresses exactes où se sont déroulés des faits d’esclavage domestique moderne, contrepoint de textes écrits par Ondine Millot, pour figurer ces souffrances muettes et invisibles. Il est aussi l’auteur de séries plus poétiques, comme Xmass trees (2001-2002), sapins abandonnés sur le trottoir, après Noël, parfois sommairement habillés d’un sac-poubelle, attendant le ramassage des ordures.
Né en 1980, Raphaël Dallaporta est diplômé des Gobelins et a étudié en 2002 en Italie, à Fabrica. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions personnelles, en Italie, en République tchèque, aux États-Unis, en Russie. Il a été lauréat en 2010 du Jeune Photographe aux ICP Infinity Award.
A publié aux éditions xavier barral :