Selon la conservatrice Christine Macel, Sophie Calle crée « une image et une narration, autour d’un jeu ou d’un rituel autobiographique, qui tente de conjurer l’angoisse de l’absence, tout en créant une relation à l’autre contrôlée par l’artiste ». Elle suit un inconnu dans les rues de Paris, quitte à le filer en train jusqu’à Venise, elle fait engager un détective qui a pour mission de l’espionner, elle travaille comme femme de chambre dans un hôtel pour photographier les objets personnels des clients, etc. La plupart des installations de cette plasticienne, photographe, écrivain et cinéaste, sont des comptes rendus écrits et photographiques de ces situations orchestrées et vécues sur un mode autobiographique. Sont ainsi interrogés la limite poreuse entre sphère publique et privée ainsi que le caractère interchangeable des positions du voyeur et de l’exhibitionniste. Dans le sillage lointain d’Allan Kaprow, elle semble s’être approprié l’idée selon laquelle « la ligne de partage entre l’art et la vie doit être conservée aussi fluide, et peut être indécelable, que possible ».
Née à Paris en 1953, Sophie Calle fréquente très tôt le monde artistique grâce à son père, Robert Calle, collectionneur d’art contemporain, qui fut à l’origine de la création du Carré d’art de Nîmes. Autodidacte, c’est après un voyage de sept ans à travers le monde et un retour à Paris un peu chaotique qu’elle commence à suivre des inconnus dans la rue, point de départ d’une œuvre qui lui vaut une renommée internationale. Lauréate de nombreux prix, elle a représenté la France à la Biennale de Venise, en 2007.
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